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CLUB DES AMIS DU BEAUCERON |


LE BEAUCERON
Son nom officiel : chien de berger français à Poil court définit parfaitement le chien de lIle-de-France qui, pendant des siècles, a gardé les troupeaux dans la Beauce, faisant la nique à son compère briard, lequel opérait dans la Brie. Très sobre dans sa présentation, cette race montre sur tous les plans quelle est faite pour le travail. C'est d'ailleurs sa grande raison d'être
Aujourd'hui, avec les nouvelles méthodes d'élevage, le chien berger connaît le chômage. Les races les moins intéressantes ou les plus localisées se sont raréfiées progressivement. Pas le Beauceron qui, comme beaucoup de ses confrères, a su se mettre au service des hommes, pour les protéger. C'est ainsi qu'il est devenu une des meilleures variétés Chiens gardiens, mais aussi de chien policiers, car son courage naturel et une prédisposition à lagressivité spontanée le rendent parfait pour ces tâches délicates
Fils de gaulois
Les Beaucerons sont des chiens bien de chez nous dont l'ancêtre est un Gaulois un peu rustre au poil rude : le mâtin des Gaulois. Plus anciennement encore, c'est certainement un berger persan des légions romaines qui est à leur origine, un peu comme la plupart des chiens bergers continentaux. Le grand inconvénient du chien gaulois, outre son aspect par trop rustique, était la force brutale qu'il ne contrôlait pas, ayant du mal à discerner le gentil du méchant. C'était un animal à la limite de la férocité. On pense donc que pour parvenir à sa forme d'aujourd'hui le berger de Beauce a subi des additions de sang de barbet et de deerhound (lévrier anglais à poil rêche) vers les 12e ou 13e siècles, ce qui l'a passablement assagi et surtout embelli
Le Beauceron moderne a fait sa première apparition officielle à l'exposition de Paris en 1897, et il connut immédiatement un grand succès de par son élégance naturelle, son port fier, sa grande beauté dans la sobriété et les performances dont il est capable Depuis, l'élevage s'est étendu un peu partout, et disons que ce chien fait mieux que remplace le berger allemand dans certain bataillons de police où il faut souvent passer à laction
Gardien courageux et méfiant
Le Beauceron est fait pour la protection. il possède d'ailleurs cette qualité d'instinct. Comme tous les grands gardiens, c'est un animal courageux, méfiant et très obéissant qu'il est parfaitement possible de diriger au doigt et à l'il après un dressage approprié.
Il conserve de son lointain parent barbare cette agressivité et ce mordant que certains lui reprochent aujourd'hui, mais qui en fait enchantent son utilisateur dans les coups durs. On l'a cependant beaucoup amélioré sur le plan psychique et le berger de Beauce d'aujourdhui est parfaitement équilibré, sans aucune méchanceté. Simplement, il n'a pas confiance et ne se laisse pas avoir « au baratin ». Il attend de juger lui-même avant de se dérider et d'adopter une attitude plus complaisante. Attaché corps et âme à son maître, vous ne pourrez absolument rien obtenir de lui sans l'intervention du soigneur qu'il protège envers et contre tous.



Disons, pour clarifier, que le Beauceron est tout à fait destiné à surveiller une propriété un peu isolée ou à défendre quoi que ce soit contre un éventuel agresseur (voiture, bagages, famille, objets précieux).
C'est une des meilleures qui puissent exister, car armes il est quasiment incorruptible et irrésistible. Son attaque est brève, fulgurante, efficace. Ce n'est pas la bête fauve qui se rue stupidement sur un adversaire, mais un combattant scientifique qui profite des points faibles de l'ennemi pour mieux l'anéantir. Car il ne fait pas de cadeau, et ceux qui ont eu l'occasion de l'affronter (même en attaque simulée pour les concours) s'en souviennent souvent longtemps.
La beauté dans la force
Ce qui fait le grand intérêt de cette race, c'est non seulement son efficacité, mais aussi sa beauté. Parfait athlète aux proportions de rêve, le muscle à fleur de peau, le beauceron est un grand chien (61 à 70 centimètres de hauteur) qui n'est pourtant pas encombrant. Son surnom de bas-rouge provient des taches feu qu'il porte à l'extrémité de ses membres et aussi sur la tête et le cou, parfois la poitrine.
Le reste de la robe est d'un noir luisant avec un poil ras et fin qui augmente encore l'impression de force du chien.
La tête bien portée, l'il vif et intelligent, les oreilles toujours prêtes à se dresser (on les coup
pour les écourter un peu, mais ce n'est pas forcément obligatoire bien que souhaitable) donne tout de même un air sympathique à l'animal.
On lui trouve parfois une ressemblance avec le dobermann dont il pourrait être le parent. Mais là, nous tombons dans le marécage des querelles cynologiques, et nous ne citerons cette indication qu'à simple titre d'information. De toute manière, le Beauceron est nettement plus carré et costaud que le chien allemand.
La queue qui est portée bas est légèrement arquée vers le bout, en forme de J et doit atteindre au moins le jarret. Dans ses mouvements de gaieté, le chien peut la redresser, mais elle ne doit pas pouvoir se retourner sur le dos. Un Beauceron est beau à voir. C'est un animal racé, et il est incomparable lorsqu'un rayon de soleil vient éclairer sa robe de travers, le poil prenant alors un relief extraordinaire.
Chien d'un seul maître
De par son tempérament peu avenant, distant et assez secret, le Beauceron est le chien d'un seul maître. Bien entendu, il va s'habituer aux membres de la famille et les aimer tout en les protégeant, mais c'est seulement avec son vrai maître qu'il obéira parfaitement et se laissera aller. C'est pourquoi je ne recommande pas ce chien à n'importe qui. C'est un animal qui a besoin de force, peut-être à cause de ses ascendants barbares. Il apprécie avant tout le sérieux et ne répond qu'aux ordres exprimés avec assurance et sécheresse. Animal assez spartiate dans son comportement, il ne va pas rechercher la caresse et n'est absolument pas à l'affût du compliment.
J'ai connu plusieurs bas-rouges qui grondaient dès qu'on les touchait. D'un ordre bref, le maître les envoyait « balader », ce qu'ils faisaient volontiers tout en restant dans les parages pour assurer la surveillance. Cette attitude n'engage pas à le conseiller comme ami des enfants, il n'est pas assez tolérant et guère patient, Mais donnez-lui le petit à garder et rien ni personne ne pourra l'approcher. C'est donc un peu l'arme à double tranchant, incomparable lorsqu'on sait s'en servir. En tout cas, je vous conseille vivement de faire dresser un tel chien et surtout de le prendre jeune. Plus il s'intégrera à votre famille de bonne heure et plus vous pourrez en profiter, dans tous les sens du terme. Le concours et les éleveurs cherchent à éliminer les individus trop sauvages, mais vous pouvez vous-même essayer de « domestiquer » le vôtre en jouant souvent avec lui et en lui parlant longuement sans pour autant le flatter (il adore cela) et en lui faisant connaître beaucoup de monde. On l'a trop longtemps maintenu solitaire et forcé à un isolement volontaire pour qu'il soit aujourd'hui parfaitement sociable, mais il ne tient qu'à vous de l'habituer. J'ai d'ailleurs rencontré quelques Beaucerons « de salon » qui se comportaient remarquablement bien en société, tout en conservant les caractéristiques qui en font des chiens d'exception.
Enfin, avant d'acquérir un animal qui vous rendra dimmenses services, pensez à son bien-être et réservez-lui une vie naturelle et saine en plein air de préférence et avec de l'espace. C'est un chien d'une grande rusticité qui doit coucher dehors dans une niche confortable et bien isolée, mais qui ne sera jamais, qu'on le veuille ou non, « le petit chien chien à sa mémère ».



avec leurs Beaucerons
News, Gini et Eddy